Archives mensuelles : février 2016

Mouvement vers l’Art

En ce début d’année, Batida se mobilise pour faire découvrir la nouvelle exposition du 116, le Centre d’Art Contemporain de Montreuil, et défendre la place de cette institution culturelle, indispensable et stimulante, dans l’environnement médiatique.

Yves Sabourin, commissaire de l’exposition F.A.I.R.E.S (20 janvier – 16 avril 2016), a rassemblé des « paysages » d’artistes plasticiens les plus divers, mais qui tous, à travers des techniques et des formes différentes, illustrent des gestes artistiques. Geste individuel, geste nécessitant la coopération avec un artisan, un spécialiste, geste simple ou de haute technicité, les « faire » sont multiples, foisonnants et donnent, cependant, naissance à des œuvres très personnelles, témoignant de la puissance de l’esprit et de la vision propre à chacun des artistes.

©JeromeCombe-le116-2016-043Crédit photo Jérôme Combe – 116

Le geste de l’esprit.

« Pour élaborer F.A.I.R.E.S, j’ai mis au premier plan le geste et la technique qui permettent à un plasticien ou à un créateur d’exprimer son travail, de créer sa propre écriture et pourquoi pas son propre savoir-faire » déclare Yves Sabourin, « Si le geste est important, il n’est rien sans son « ordinateur » : la tête, la pensée, le sens. »

C’est afin de donner sens à chaque « paysage » des artistes invités que le commissaire de l’exposition a recomposé l’espace du 116, en ajoutant des cloisons qui brisent les perspectives évidentes, mais incitent le visiteur à déambuler d’univers en univers. Murs de couleur sombre, ou frais petit salon bourgeois, galerie lumineuse ou vaste espace immaculé, les mises en scène révèlent avec intensité les œuvres des cinq plasticiens sélectionnés pour cette exposition : Angélique, Isabel Bisson-Mauduit, Rose-Marie Crespin, Laurent Esquerrè et Françoise Quardon.

©JeromeCombe-le116-2016-001Crédit photo Jérôme Combe – 116

Cinq paysages de plasticiens

La déambulation débute parmi les toiles et photos d’Isabel Buisson-Mauduit, dont les sujets sont rehaussés ou saturés de broderies à la main ou à la machine – selon qu’elle veuille mettre en relief ou cacher. Végétal, organique ou épidermique les sujets de ses photographies, imprimées sur toile de lin ou papier, se recouvrent de points qui s’enchaînent ou s’enchevêtrent, tissant une histoire autre. L’artiste travaille également le rebus des résidus textiles, récupérés dans sa machine à laver, et les détourne en fragments de pensée ou en une étonnante sculpture de poussière de fibre.

116 composition 2Crédit photo Jérôme Combe – 116

Françoise Quadron nous accueille dans un petit salon bourgeois où ses productions personnelles voisinent avec des œuvres réalisées en collaboration avec les Porcelaines de Sèvres et les Tapisseries d’Aubusson. Dans cet intérieur, inspiré de Manderley et de Rebecca, le personnage de Daphné du Maurier, se déploie une féminité inquiétante.

Les œuvres d’Angélique succèdent avec leur blancheur éthérée. Le 116 présente quelques une de ses sculptures en organdi de coton, structuré par une technique issue de la Haute Couture, associées à des photographies en noir et blanc.  Dans le travail d’Angélique, les contours ne sont pas des limites, l’apparence de ses sculptures dévoile l’intérieur aussi bien que l’extérieur, alors que l’enveloppe de chair, saisie par ses photos, se fond comme un mirage.

©JeromeCombe-le116-2016-040Crédit photo Jérôme Combe – 116

Dans l’extension du 116, les échelles sont bousculées. Que ce soient les sculptures monumentales de Laurent Esquerrè ou les œuvres infiniment petites de Rose-Marie Crespin, la question du geste de l’artiste est intensément posée. Chez Laurent Esquerrè la mains produit un geste fort, maîtrisé, dompte la matière et laisse son empreinte dans un lièvre de 2 mètres, en terre cuite émaillée, et un oiseau gracile en feuilles d’aluminium.  Tandis que les productions miniatures de Rose-Marie Crespin, composées de sculptures de points noués et d’épopées minuscules de papiers découpés, signalent la tension minutieuse et la précision du geste dans une économie du corps et de l’espace.

116 composition 1Crédit photo Jérôme Combe – 116

L’exposition F.A.I.R.E.S se tient jusqu’au 16 avril 2016 au 116, Centre d’art contemporain, 116 rue de Paris – 93100 Montreuil Métro Ligne 9 (station Robespierre – sortie Barbès). Ouvert du mercredi au vendredi de 14h à 18h et le samedi de 14h à 19h. Entrée gratuite.

Lire le dossier de presse réalisé par Batida ici

Publicités

Fragments de la dynamique du désir

En 1955, la DS ravissait Roland Barthes. Tombée « manifestement du ciel », « objet superlatif » passant « d’une alchimie de la vitesse à une gourmandise de la conduite », « visitée avec une application intense et amoureuse », cette voiture inscrivait sa sensualité domestiquée dans les Mythologies contemporaines.  Puis vint Armen Djerrahian qui sublime la Nouvelle DS3 dans « La Rencontre », dernier film produit par Batida pour DS Automobiles, et  dévoile, à travers les figures d’un discours glamour et sophistiqué, cette icône automobile à l’intense attractivité.  Quand « la sublimation de l’ustensilité » cède à l’exaltation de la sensualité !

New DS3crédit photo : Armen Djerrahian

Ravissement sensuel

« Ravissement : Episode réputé initial (mais il peut être reconstitué après coup) au cours duquel le sujet amoureux se trouve « ravi », (capturé et enchanté) par l’image de l’objet aimé. »

mannequin New DS3crédit photo : Armen Djerrahian

« Amorce d’une nouvelle phénoménologie de l’ajustement », passant à « un monde d’éléments juxtaposés », la DS, dès sa conception, apparaît comme un puzzle de désirs, de fantasmes exaltants. C’est en jouant sur une structure en fragments de séquences que le réalisateur Armen Djerrahian dessine par touches une rencontre entre un homme et une femme, conducteurs de la Nouvelle DS3. Tous deux vont vivre une expérience vive et excitante : une expérience de conduite, une expérience sensuelle. Jouant  des codes de la sophistication, de la conquête et de la capture amoureuses, des chassés-croisés, le film, tourné intégralement à Madrid,  est une ode au plaisir et à la séduction sensuelle.

Et rencontre espiègle

« La rencontre irradie.  Je suis comme un joueur dont la chance ne se dément pas et lui fait mettre la main sur le petit morceau qui vient du premier coup compléter le puzzle de son désir. »

La Nouvelle DS 3 est l’élément concret, matériel, d’un univers irréel. Les sensations et émotions des personnages sont, dans la mécanique fantasmatique du film d’Armen, sans cesse rapprochées des sensations et émotions réelles éprouvées au contact de ce véhicule  tout en subtilités : pureté des lignes, luxe et raffinement des intérieurs gainés de cuir, technologie avant-gardiste.

Accompagné d’une bande son hypnotique, ponctuant des rencontres sans cesse rejouées et déclinées, le film est un petit bijou d’esthétisme et de raffinement.  Les plans fluides multiplient les images des véhicules roulant,  créant une dynamique de l’action qui succède au regard captivant. Les séquences cinématographiques sont intrigantes et excitantes avec un rendu glamour et raffiné.

mannequin homme New DS3crédit photo : Armen Djerrahian

En découvrant ce film, vous ne manquerez pas de noter cette malice toute moderne de la Nouvelle DS3  – celle-là même qui échappait à Roland Barthes – ce nouvel objet d’un fantasme masculin/ féminin, doté d’une vivacité et d’une espièglerie renversantes !

La Rencontre film à voir ici

Client : DS Automobiles

Réalisation : Armen Djerrahian

Directeur de la Photographie : Dominique De Wever

Musique : Crystal Cube

Extraits de Mythologies et Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes