Archives mensuelles : octobre 2015

Compte à rebours pour le Keaton Project

Il ne reste plus que quelques jours pour participer au nouveau défi de Serge Bromberg : le Keaton Project. Son ambition : sauver et restaurer  les 32 courts-métrages de Buster Keaton,  afin de pouvoir les projeter dans le monde entier. Rendez-vous sur Kick Starter, plateforme de financement participatif de projets créatifs, pour contribuer à la restauration de ces œuvres précieuses avec Lobster Films.

keaton horloge

L’homme qui sauvait les films

Explorateur de la pellicule argentique, aventurier des bobines oubliées, artisan passionné de la sauvegarde et de la restauration d’un patrimoine négligé et endommagé, Serge Bromberg est un combattant pugnace du temps qui passe. Il lutte depuis des années afin de faire revivre des chefs d’œuvre cinématographiques ou de sortir de la nuit de leur boîtier métallique, d’antiques films courts, témoins de la vigueur créative et de la poésie des premières générations du cinéma. On lui doit d’avoir sorti de son purgatoire l’Enfer de Clouzot, d’avoir fait vibrer à nouveau le premier J’accuse d’Abel Gance, entre autres. La collection de Lobster films est  à ce jour la première collection privée au monde  et compte près de 50.000 films rares, souvent inédits, ou désormais classiques ce qui représentent plus de 110.000 bobines.

L’homme qui ne riait jamais

Le nouveau projet exaltant de Serge Bromberg est de restaurer en très haute définition l’intégralité des 32 courts-métrages réalisés par Buster Keaton entre 1917 et 1923 (tous ses courts muets), avant de passer au long. Ces films existaient sur des copies de qualité très médiocre parfois incomplètes. A la fin des années 20, Keaton abandonne la production et ne s’occupe donc pas de la conservation des négatifs de ces premières œuvres. Serge Bromberg entame l’exploration de toutes les archives du monde et des collections privées, afin de retrouver tous les morceaux de copies, les bouts de plan, les lambeaux de séquences de ces courts-métrages. Une fois ce matériel rassemblé, inventorié, les plans sont scannés, image par image, ce qui représente plus d’1 million d’images !  Les meilleurs éléments sont alors assemblés, dans le respect du montage initial  souhaité par le réalisateur, puis la restauration numérique peut commencer, tandis que les compositeurs de musique enregistrent les partitions nouvelles qui accompagneront les films. C’est à ce moment crucial, une étape longue et coûteuse, que Serge Bromberg fait appel à votre contribution pour lui permettre de boucler un budget de 396.000 €.

Et les gens qui aidaient

Keaton project

Petit défi dans le grand défi : rassembler 45.000 € avant le 30 octobre 2015. En ce 21 octobre, 246 contributeurs ont déjà versés 25.861 €.  Comme sur toute plateforme de financement participatif, les contributions font l’objet d’une contrepartie nous vous invitons à découvrir sur la page dédiée au Keaton Project.

Précipitez-vous car le temps court !

Pour en savoir plus sur Lobster Films : rendez-vous sur leur site. Et pour découvrir les projections Retour de Flamme, nous invitons à lire cet article.

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Lignes de partage

Cartographies intimes la nouvelle exposition du 116 –le Centre d’Art Contemporain de Montreuil – incite le visiteur à s’aventurer dans des perceptions différentes, à s’éveiller face à des œuvres monumentales ou plus réduites, dans lesquelles le dessin est un mouvement.

Face aux œuvres des six artistes invités, on ne peut se contenter d’enregistrer les traits pour que se fixe en eux la ressemblance d’une image, il faut déchiffrer dans leur progression, leur accumulation, leur finesse, l’opération de sens qui s’exerce, l’intériorité qui force le geste.

w--®JeromeCombe-le116-2015-229Mathieu Bonardet – Sans titre – crédit photo : Jérôme Combe

Accommoder son regard

Clément Bagot, Christine Coste, Mathieu Bonardet, Keen Souhlal, Elsa Cha et Philippe Paumier déclinent le trait en répétitions, proliférations obsessionnelles, images légères et étranges, empâtements et stries calligraphiées. Ils jouent de l’espace avec des formats monumentaux qui alternent, dans l’accrochage de l’exposition avec des œuvres intimes, de la lumière qui jaillit de la saturation de noir,  du songe étrange et inquiétant qui surgit dans les paysages, du rythme libre des traits oscillant entre densité et vide.

w--®JeromeCombe-le116-2015-208Keen Souhlal – Murmuration – crédit photo : Jérôme Combe

Le regard est happé par la poésie des vols d’oiseau de Keen Souhlal, ou le rythme régulier de la graphite qui crée un dégradé hypnotique de l’ombre à la lumière. Le rapport physique au dessin est sans cesse mouvant, entre proximité et éloignement, pour appréhender la diversité des œuvres présentées. Les unes, en très grand format, frappent par l’énergie des territoires imaginaires explorés,  qu’ils soient intérieurs et viscérales comme dans la série Utérin de Christine Coste, ou qu’ils soient «paysages mentaux » avec leur prolifération modulaire et leur liaisons transversales très graphiques chez Clément Bagot.

w--®JeromeCombe-le116-2015-203Christine Coste – Utérin (série) – crédit photo : Jérôme Combe

Les autres, petits formats, font entrer dans l’intimité de figures abstraites – où affleure la tension du geste de dessiner comme dans les œuvres à l’encre de chine de Philippe Paumier, ou de rêveries inquiétantes – comme dans les dessins d’Elsa Cha où le trait est un murmure au sein d’une composition dépouillée. Le visiteur doit, à chaque instant, accommoder son regard, changer de perspective, se rendre disponible, en somme s’éveiller aux propositions des artistes.

Quelques œuvres en volume, créées par Philippe Paumier et Keen Souhlal, complètent cette exposition, témoignant de la richesse plastique des artistes invités, qui en prise avec différentes matières tentent de révéler une nature fragile et créative. Enfin, la série de 25 photographies numériques de Mathieu Bonardé intitulée Ligne(s), qui occupe tout un mur, tente de saisir le déploiement du corps de l’artiste inscrivant répétitivement la trace de son dessin. Il esquisse une réflexion sur le geste artistique confronté aux limites, que le 116 poursuivra dans sa prochaine exposition F.A.I.R.E.S, conçue par Yves Sabourin, et qui débutera le 20 janvier 2016.

w--®JeromeCombe-le116-2015-216Mathieu Bonardet – Ligne(s) – crédit photo : Jérôme Combe

Cartographies intimes

Du 17 septembre au 19 décembre 2015

Avec les propositions de Clément Bagot, Mathieu Bonardet, Elsa Cha, Christine Coste, Philippe Paumier, Keen Souhlal

Le 116 – Centre d’art contemporain – 116 rue de Paris à Montreuil

Ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h, entrée gratuite