Archives mensuelles : mai 2015

#ThinkCircular

D'DAYS

L’expérience.
Tel est le thème central de la 15ème édition D’DAYS, grande fête du design qui investit durant une semaine (du 1er au 7 juin 2015) les espaces publics et les lieux culturels emblématiques du Grand Paris. Une semaine durant laquelle les acteurs de la création contemporaine (éditeurs, designers, industriels, architectes, institutions et écoles) dialogueront avec le grand public autour des objets qui font notre quotidien et les usages de demain.

Batida and Co se saisit de cette très belle occasion pour transformer cette expérience en une exploration du design sur le mode « économie circulaire* » à la recherche d’objets et d’initiatives exemplaires qui participent à une meilleure gestion des ressources.

Le design en partage et en mode circulaire
Nouvelles matières écologiques, nouveaux procédés de fabrication économes en matières premières et en énergie (éco-conception, recyclage, imprimante 3D), nouveaux services et modes de consommation (circuit-courts, économie de la fonctionnalité, réemploi/réutilisation)… Rien ne se perd, tout se transforme, pourvu que toutes ces innovations participent à l’émergence d’un nouveau cadre de vie plus durable, avec moins de déchets et de gaspillage.

 Alors circulons ensemble au fil du parcours des D’DAYS et des nombreux événements organisés durant cette semaine  et partageons nos découvertes sur les réseaux sociaux de l’agence.

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Rendez-vous toute la semaine prochaine sur @BatidaAndCo et Facebook avec le hashtag #ThinkCircular

Batida and Co est partenaire du projet Circul’R le premier tour du monde de l’économie circulaire dont l’enjeu est d’identifier ses acteurs et leurs « best practices », de créer des synergies et de favoriser ainsi l’ingéniosité collective.

* L’économie circulaire se définit comme « un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et dont l’objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie ». (Source : Ministère de l’Ecologie)

 

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Trois hommages

Il y a déjà un an la vie de Paco de Lucia s’interrompait brutalement. Après le temps du chagrin, celui des hommages est venu. La Philharmonie de Paris consacre ainsi un week-end (21-24 mai) pour célébrer la mémoire et l’influence de Paco de Lucia.  Trois concerts seront donnés par Tomatito, Duquende et Antonio Rey comme un tribut à celui qui fit mondialement connaître le flamenco et l’amena flirter avec le jazz.

Et c’est à travers trois photos que Batida and co chérit le souvenir d’un homme et d’un artiste hors du commun.

 Portrait en soliste

Paco-de-Lucia1 (1)Crédit photo René Robert 1987

Il existe de nombreuses photos de Paco de Lucia et sa guitare, portraits avec pose, clichés saisis en plein concert, visage intense, travaillé par l’effort du jeu. Mais c’est cette photo de René Robert, datée de 1987, que nous aimons parce qu’elle nous intrigue. La guitare au premier plan trace une diagonale impérieuse et semble vouloir sortir du cadre. Le corps de Paco l’enveloppe avec douceur et fermeté, alors que son visage, en partie immergé dans l’arrière-plan d’un noir profond, est totalement absorbé par son instrument. Les traits déjà matures sont comme taillés dans le roc, mais sans sévérité.  Les mains sont fortes et gracieuses, la droite toute en tendons sous tension, tandis que la gauche déploie délicatement des doigts à la rapidité légendaire, capables de jouer dix-huit notes par seconde en se déplaçant sur six cordes.

Ce portrait, presque inexpressif, révèle une évidence : la guitare était pour Paco un prolongement de son corps et de sa pensée. « Si vous m’enlevez ma guitare, je ne peux plus parler et je meurs ».

Portrait en compagnon

The Guitar TrioAl Di Meola, John Mclaughlin et Paco de Lucia – DR

« L’improvisation me plongeait dans un état merveilleux. Soudain, je me lançais dans un solo, sans penser à rien, aucune hauteur, rien, et la musique devenait tellement fluide que je me sentais flotter d’une légèreté inouïe. Avec l’improvisation, tu sens que tu connais tout, que tu es dieu ! »

Fasciné par cette audace propre aux musiciens de jazz, Paco de Lucia entre dans le jazz avec The Guitar Trio au côté d’Al Di Meola et de John Mclaughlin. Cette très belle photo du trio interpelle par les expressions différentes des trois guitaristes : visage pénétré d’Al Di Meola, sourire léger de John Mclaughlin et regard attentif de Paco. Car Paco, qui opéra cette évolution de la guitare flamenca, la sortant de son rôle d’accompagnement pour en faire un instrument solo, aimait le compagnonnage musical.  Source d’inspiration et d’évolution, les pratiques des autres musiciens nourrissaient son art flamenco.  C’est d’ailleurs avec le Guitar Trio que Paco de Lucia et Batida and co se sont rencontrés en 1996, puis en 2001, c’est avec le Septet, sa formation flamenca que leur compagnonnage s’est poursuivi.

Portrait en paysage

Plage du Rinconcillo et le Roc de GibraltarPlage du Riconcillo et le roc de Gibraltar 

crédit photo : Radio France 2015

Paco s’est éteint sur une plage du Mexique alors qu’il jouait au football avec sa famille. Mais c’est sur une autre plage, que sa vie a débuté, celle du Riconcillo à Algésiras, où il aimait jouer, nager et plonger. Cette plage, il ne l’a jamais oubliée, conservant au faîte de sa gloire, humilité et simplicité. « Pour être universel, il faut être de ton village » déclarait-il. On peut  découvrir l’âme cachée de Paco, en  écoutant le très beau documentaire sonore que lui  ont consacré Carmen Alvarez et Christine Diger, sur France Culture : « Sur la plage du Riconcillo mon âme est restée ».

Dans cette photo, prise à l’occasion de ce documentaire, il y a comme du vague à l’âme. A parts égales, le ciel gris brumeux, la mer glauque et agitée, le sable humide et piétiné divisent l’image. Ils évoquent un abandon précipité, un dépouillement douloureux et pourtant, de l’horizon trouble, émerge le roc de Gibraltar, aux contours flous mais d’une présence indiscutable. Ce qu’en creux cette photo nous raconte est une vieille histoire. Etre dans le monde humain c’est être vivant à la lumière du soleil, jouant sur une plage, avec les autres, les voir et en être vus. Mais une fois la frontière franchie entre la lumière et les ténèbres, pour être encore présent il faut, tel un roc, devenir un fragment d’éternité, habiter la mémoire des autres qui abolit le temps et la mort.  Et grâce à la magie d’un art qui, avec modestie, travail, jubilation et partage, créait l’harmonie à chaque geste, Paco de Lucia s’est installé solidement dans notre paysage.

we-pacocgetty-images-2Crédit photo : Getty images

Clément Bénech s’élève et charme.

Des  « Coups de cœur », nous en avons régulièrement. Or, là il s’agit presque de tachycardie.  Cette expression organique reflète la sensation éprouvée à la lecture des deux romans du jeune Clément Bénech.

A 24 ans, celui qui se déclare « auteur » dans sa bio Twitter a tout d’un écrivain.
L’écriture vive et légère surfe sur les jeux de mots, souvent drôles, toujours expérimentaux. On devine un disciple de Modiano, en plus rigolo.

 

Lève-toi et charme.

Lève-toi et charme.

Les à-coups du cœur

Ses thèmes de prédilection : le réel et son double – il est aussi apprenti philosophe- prennent la forme de romans d’amour. Car là est toute l’affaire de Clément Bénech : l’amour, au sens large du terme, celui du monde, de l’écriture, de l’autre, de soi, des chats et des lavomatiques. Tout cela est ausculté avec curiosité et malice.

Son premier roman, l’Eté slovène, paru chez Flammarion, retrace le road-trip estival d’un jeune couple, se débattant dans une routine mortifère mais cependant animé par l’espoir d’un retour de flamme. Lève-toi et charme, paru en mars, toujours chez Flammarion, (l’animal est fidèle), séduit par son titre. Le narrateur, en proie à une douce procrastination, part à Berlin se concentrer sur une thèse qui n’avance pas à Paris. Mais qui n’avancera pas plus Outre-Rhin. La faute à sa tendance naturelle à l’errance citadine et poétique, aux farces chronophages d’un chat trop espiègle ou bien à son attirance grandissante pour la magnétique Dora ?

Le schéma narratif est fragmentaire, le fil conducteur évanescent déstabilise. L’écriture est toujours fine, drôle et précise. Clément Bénech nous disperse dans des digressions jouissives, et nous entraîne sur les chemins de ses interrogations.

portrait clément bénech

Clément Bénech – crédits photos : Olivier Steiner

 

Le coup du questionnaire

Nous l’avons soumis à un Proustionnaire chinois, petite torture stylistique au raffinement tout asiatique que n’aurait pas renié Proust.

 

Tes auteurs préféres en prose ?
Modiano, Toussaint, Chevillard, Sebald, Proust, Kundera, Wilde.

Ton poète préféré ?
Mallarmé.

Ton compte Twitter favori ?
Celui de Vincent Vigneron @VVigneron.

Si tu étais un oiseau :
Le héron de la fable (et non le dindon de la farce).

Si tu étais une musique :
Booba, numéro 10.

Si tu étais un fromage français :
Le Brillat-Savarin.

La qualité que tu préfères chez un chat :
L’obligatoire langage du corps.

Si tu étais un adverbe de temps :
Naguère.

Ton mantra :
« Ma seule fierté est que si je n’écrivais pas mes livres, personne ne le ferait à ma place.” (Éric Chevillard)

L’état présent de ton esprit :
Fourmillements.

 

Ces fourmillements, peut être dûs à notre petite torture, seront certainement porteurs de jolis fruits littéraires colonisant nos étagères, ouverts en équilibre sur nos tables de nuit, et qui gâtés et cornés par nos lectures, seront refilés en douce à nos amis, parce que, oui nous l’assumons, notre « coup de cœur ».

D’ici là vous pourrez goûter ces précédents opus ou errer dans les méandres des pensées de Clément .

Son Twitter : https://twitter.com/ClementBenech
Son Tumblr « Comme son nom l’indique » : http://clementbenech.tumblr.com/