Archives mensuelles : avril 2014

Sœurs ennemies

La programmation culturelle de la Ville de Pantin fait chaque année la part belle à la discipline marionnettique et à ses créations, qu’elles soient nationales ou internationales. Ce mardi 29 avril, le Théatre du Fil de l’eau accueille « Antigone », spectacle venu des Pays-Bas,  mis en scène par la marionnettiste Ulrike Quade et la chorégraphe Nicole Beutler. La collaboration entre ces deux artistes donne naissance à une tragédie revisitée par la danse et la manipulation de marionnettes.

antigonecrédit photo : Anja Beutler

Discorde absolue et tragédie à nu

 L’une est une âme libre, l’autre est toute en réflexion, l’une est dissidente, l’autre est prudente, Antigone n’obéit qu’aux lois divines alors qu’Ismène respecte l’ordre des hommes. Dans sa relecture de la pièce de Sophocle, dont l’argument tragique est connu, maintes fois représenté, Ulrike Quade a choisi de se concentrer sur l’opposition totale qui divise les deux sœurs, filles d’Œdipe, autour de cette question : « Comment agir quand on est humain ? »

Toute la pièce met en balance les prises de position des deux sœurs et leurs motivations, face à la mort de leur frère Polynice, qui, considéré comme un traître, ne peut recevoir de sépulture.

L’originalité de la proposition d’Ulrike Quade et de Nicole Beutler tient également dans la mise en scène avec le choix d’une chorégraphie qui gagne marionnettes et manipulateurs-danseurs.


Antigone-2-Nicole-Beutler-en-Ulrike-Quade-foto-Anja-Beutler-475x318crédit photo : Anja Beutler

Chorégraphie totale

 Les deux artistes ont en commun leur intérêt pour la stylisation et le minimalisme du théâtre japonais. Initiées au théâtre Bunraku traditionnel, dans lequel les marionnettes sont manipulées par trois personnes, Ulrike et Nicole travaillent à partir de marionnettes créés spécialement pour « Antigone » par Watanabe Kazunori. Elles découvrent dans la manipulation bunraku, la possibilité de chorégraphier marionnettes et manipulateurs.  Au lieu de s’effacer, ceux-ci prennent part à l’action tragique au point que le spectateur ne voit plus qui manipule qui. Cette « Antigone » nouvelle mêle fureur et poésie et nous invite à réfléchir sur notre liberté d’action, réelle ou supposée.

 Antigone

Compagnie Ulrike Quade

De Ulrike Quade et Nicole Beutler

Mardi 29 avril à 19h30 Théâtre du Fil de l’eau

 

Plus d’information sur le site de la Ville de Pantin, ici. Voir la bande annonce de la pièce, .

 

 

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Fruits de saison

A Pantin,  chaque saison délivre ses fruits bien particuliers, sélectionnés avec rigueur et exigence par les équipes culturelles de la Ville. En ce printemps, les formes artistiques qui proposent d’investir les rues, les squares, les chantiers et tous les espaces de la ville sont à l’honneur.

LCP3_credit_vincent_vanhecke crédit photo : Vincent Vanhecke

Un printemps enchanté

La programmation a débuté avec le Festival Hautes Tensions dont nous vous avons parlé ici  et se poursuit avec un autre temps fort qui promet d’être exaltant : La BUS – Biennale Urbaine de Spectacles. Deux spectacles jeunes publics sont également proposés : Sakakoua de la Compagnie Pousse Caillou et La mer en pointillés de Serge Boulier.

Et ce printemps s’achèvera comme il a commencé, avec l’exploration des danses urbaines à travers le Festival Hip Hop Tanz.

Envie de goûter à ces fruits autorisés ?  Nous vous invitons à découvrir les spectacles à venir dans la News letter de saison, conçue par Batida and co. A lire .

Grain de folie dans l’esprit des lois

Bien que très grand, Fred Tousch est une petite particule qui s’immisce dans les rouages du réel. Il les grippe un peu, puis les fait redémarrer et, mine de rien mais capable de tout, nous entraîne au-delà des bornes, cap vers l’absurde !

Clown et poète, doué d’une faconde et d’un débit de Kalachnikov, chanteur excellent, façon crooner, « pogoteur » ou matelot, Fred Tousch franchit avec jubilation les limites,  pour qui veut bien le suivre.

Avec son nouvel opus, « Maître Fendard, on a volé le château de sable », à voir au Théâtre du Petit Hébertot du 13 avril au 23 juin 2014, il ajoute à sa galerie de personnages loufoques et décalés un nouveau spécimen : l’avocat de l’indéfendable et de l’irrationnel.

Commise d’office, car acquise à sa cause depuis qu’elle a travaillé avec Fred Tousch et son « Retour du Grand Renard Blanc » (décembre 2011- janvier 2012 au Monfort Théâtre), notre équipe de relations presse s’est emparée de l’Affaire du Château de sable pour en assurer la promotion médiatique. Verdict à suivre.

vourchbellemarreCrédit photo : Dominique Vourch

Amères rivages

La plage est un milieu hostile : nombreux sont ceux qu’elle a désespéré. Christophe y a vu s’évanouir Aline, Roch y a pleuré son Hélène, mais le traumatisme infligé à la famille Bellemarre est bien plus grand : le château de sable qu’elle y a construit a disparu !

Seul Maître Fendard, curieux avocat spécialisé dans les affaires maritimes, accompagné de son fidèle greffier Ménardeau, peut rendre justice à cette famille spoliée et dévastée. C’est donc Norbert Fendard, en personne, qui vient nous raconter, en mots et en musique, ce procès qui fut le théâtre de sa plus belle plaidoirie.

Avec l’aide de François Rollin, Fred Tousch s’est lancé dans l’exploration du discours juridique. Jouant de ses articulations, de ses envolées et de la rigueur de ses arguments, les deux complices livrent une plaidoirie absurde, loufoque et surtout hilarante.

Rendons justice à ce Maître Fendard qui soulève dans la salle des tempêtes de rire !

Maître Fendard, « On a volé le château de sable »

Compagnie le Nom du Titre

Avec Fred Tousch et Laurent Mollat

Co-écrit et mis en scène par François Rollin

Théâtre du Petit Hébertot

Du 13 avril au 23 juin 2014

Les dimanches à 17 h et lundis à 20h

(relâches le 28 avril et les 25 et 26 mai)

Lire le dossier de presse de Batida and co ici  et voir un extrait vidéo .

RIP Paco

Paco de Lucia         DR

« Mon âme est un orchestre caché, je ne sais de quels instruments il joue et résonne en moi » Fernando Pessoa

Le cœur de Paco de Lucia s’est arrêté brutalement le 25 février dernier, mais son âme, dont l’unique et sublime instrument était la guitare, survit dans le silence qui s’en est suivi.

Habité par le duende, ce feu sacré de l’âme flamenca, virtuose des cordes au-delà de la maîtrise académique, Paco de Lucia savait comme tous les grands musiciens faire résonner le silence, lui donner une intensité à nulle autre pareille.

Après la stupéfaction et le désarroi qu’a entraîné la nouvelle de sa disparition, il nous a fallu parcourir ce temps entre deux rives, ce temps où le silence domine, compact et douloureux,  pour qu’enfin se fasse entendre la petite musique du souvenir. De Paco de Lucia, nous en avions quantité.

La route de Paco a croisé plusieurs fois celle de Batida. En 1996, à l’occasion de la sortie de son album « The guitar Trio », Batida s’est chargée de la conception et de la réalisation de la pochette de l’album, en plus de sa promotion médiatique.

Paco, guitariste maître du flamenco avait étendu son champ d’expérience au jazz, lequel avait changé son regard sur sa pratique musicale. Sa technique fascinante l’a fait intégrer le trio de guitares acoustiques avec John McLaughlin et Al Di Meola, ce qui lui a permis d’élargir son auditoire et de confirmer son succès.

« The Guitar Trio » signait les retrouvailles des trois guitaristes, qui avaient remporté un immense succès en 1981, avec leur tournée mondiale puis leur album « Friday Night In San Francisco ».

En 2001, Batida accompagne à nouveau Paco pour la promotion presse de son concert au Grand Rex. Il se produisait, alors, avec sa formation Paco de Lucia & Septet, dans un registre flamenco. Cette année-là, Il vient également jouer avec son Septet au Festival des Nuits de la Guitare de Patrimonio, en Corse. Batida était présente car nous assurions les relations presse du Festival.

Travailler avec Paco de Lucia était un véritable privilège. C’était, à coup sûr, partager des instants inspirés, enflammés, de ces instants qui, dans un jaillissement fugace, font accéder à l’éternité.

Album Guitare TrioDR

Hautes tensions à La Villette, créations électrisantes à Pantin

Pour sa quatrième édition, le Festival Hautes Tensions investit La Villette du 2 au 13 avril 2014. La programmation internationale, axée sur les artistes émergeants du cirque et de la danse hip hop, revendique de témoigner de la large palette esthétique de ces deux disciplines et de l’éclatement de leurs références et de leurs techniques particulières. Selon Raffaella Benanti, conseillère artistique du festival, « Circassiens et danseurs hip hop partagent la même quête de virtuosité, un amour du défi, de la performance physique, du groupe », autant de points communs auxquels on peut ajouter la modernité affirmée des recherches artistiques.

Sacre de la performance physique, défi aux lois de la gravité sont au cœur des deux spectacles qui sont proposés à Pantin, au Théâtre du Fil de l’eau, partenaire de La Villette cette année.

 Undercover, génération montante

Le Hip hop se danse désormais en salle, portée par une jeune génération, hyper douée et inventive, à l’image du collectif Undercover. Passionnés de danse hip hop, house break, new style, pop, top rock, poppin’, les quatre membres du collectif Undercover, benjamins de cette édition 2014 du Festival Hautes Tensions, développent, depuis 2008, un univers commun bien affirmé. Leur recherche chorégraphique les pousse à créer une gestuelle new style, dynamique et singulière.

Mû par un imaginaire déjanté et puissant, Undercover donne deux représentations de son spectacle  Sakalapeuch , les 3 et 4 avril à 19h, au Théâtre du Fil de l’eau.

Le collectif nous invite à Bogoland, monde menacé par des esprits dénués de folie imaginative, où l’union des êtres rend plus fort, où le collectif prime sur l’individu. En quête du Sakalapeuch, Undercover nous fait partager ses aventures et péripéties. Qu’est-ce que le Sakalapeuch ? La recherche d’une terre promise ? Un trésor enfoui ? Un voyage dans une autre dimension, au plus profond de soi ?

Cie Undercover_Crédit DRUndercover – Droits réservés

 Voir un extrait de Sakalapeuch, ici

 Fet A Mà, portés dramatiques

Le travail de la Compagnie Fe A Mà –littéralement « fait à la main »- prend sa source dans un cirque sans artifice, épuré, une écriture corporelle inspirée du théâtre, de la danse et des portés acrobatiques. Pau Portabella et Marta Torrents sont deux artistes catalans, formés à l’Ecole du cirque de Barcelone, puis au Lido, à Toulouse. Avec eux, le corps a la parole, il est avant tout expression d’un sentiment plus que source d’exploit. Et pourtant leur engagement physique est total, les prouesses techniques témoignent de leur insolente liberté.

Dans leur spectacle Cru, qu’ils interpréteront les 9 et 10 avril à 19 h, au Théâtre du Fil de l’eau, les sauts, tours et portés sont impressionnants. Pour Pau Portabella, « Cru parle de couple, de crudité de situations qui débordent, mais aussi de beaucoup de situations que nous avions en tête, les rapports homme/femme, la manipulation et ce grain de folie qui est en chacun de nous. »

Cru est un véritable poème écrit et raconté par les corps qui s’attirent, se repoussent, se tordent, se disloquent, se redressent, s’abandonnent, un poème touchant et intense au cœur des désirs humains.

ArthurBramao_light-7d044Compagnie Fet A Mà – photo : Arthur Bramao

 Voir le teaser de Cru, ici.

Plus d’info sur le site de la ville de Pantin.

Plus d’info sur la programmation du Festival Hautes Tensions sur le site de La Villette.

SAKALAPEUCHjeudi 3 et vendredi 4 avril 2014 à 19h Théatre du Fil de l’eau

CRU : mercredi 9 et jeudi 10 avril 2014 à 19h Théâtre du Fil de l’eau