Archives mensuelles : mars 2014

Quelque chose doit craquer

Au fil de ses programmations, la Ville de Pantin a l’ambition de proposer des créations contemporaines, dont elle accompagne l’élaboration en accueillant en résidence des artistes. En 2013, c’est la metteur en scène Myriam Marzouki qui a travaillé en résidence au Théâtre du Fil de l’eau pour sa nouvelle pièce « Le début de quelque chose ». Cette pièce, créée à Avignon pendant l’été 2013, est  présentée en exclusivité à Pantin les 27 et 28 mars.

 Qu’est-ce qu’un rêve qui ne s’achève pas ?

A partir du texte d’Hugues Jallon, la nouvelle création de Myriam Marzouki se déploie sur le terrain de la fiction, une fiction qui emprunte au registre de la littérature d’anticipation. Le contexte du « Début de quelque chose » s’appuie sur des réalités facilement reconnaissables mais tout contexte politique identifiable, toute situation géographique connue sont volontairement déréalisés.

©David Schaffer.jpegCrédit photo : David Schaffer

Dans un étrange lieu clos – probablement dans un pays chaud du sud-  résidence hôtelière, club de vacances ou complexe hospitalier, « référence absolue en termes de qualité de vie », des résidents sont accueillis, pris en charge totalement, invités à s’abandonner au repos et à la détente, à l’oubli. Leur vie, « on dirait qu’elle passe petit à petit derrière eux, changée en une masse inerte ». Cette inertie bienheureuse va progressivement être bousculée par des menaces confuses, venues de l’extérieur : une révolte, un pays bloqué, l’impossibilité de partir. Et le lieu d’enfermement volontaire se reconfigure de façon inquiétante, le temps hédonique du loisir s’étire jusqu’à la limite, jusqu’à l’indétermination qui fait basculer toute la fiction de Myriam Marzouki dans le cauchemar.

©David Schaffer 4.jpegCrédit photo : David Schaffer

 Une parole nourrie d’autres langages

Myriam Marzouki aime créer la dramaturgie elle-même, travailler à partir de formes non théâtrales qui lui apportent une grande liberté poétique. Le texte d’Hugues Jallon offrait d’emblée les possibilités d’une adaptation pour le théâtre, mais c’est une discussion dramaturgique entre les deux artistes, l’écrivain et la metteur en scène, qui a donné naissance à la pièce telle qu’elle sera représentée à Pantin.

Dans « Le début de quelque chose », Myriam Marzouki utilise également la vidéo et la musique, et pour la première fois la chorégraphie, car selon elle « si le théâtre absorbe toutes ces disciplines, c’est bien qu’il est suffisamment fort pour pouvoir rester le lieu de la parole, mais en même temps une parole qui se nourrit d’autres langages ».  C’est aussi cette volonté d’être ouverte à tout ce qui peut enrichir sa création qui anime Myriam Marzouki, lorsqu’elle fait appel à des amateurs pour interpréter des parties de sa pièce. Ce groupe d’amateurs a travaillé dans le cadre d’ateliers réalisés au Théâtre du Fil de l’eau. Il représente pour la metteur en scène une présence brute, naïve, représentative de la société et du public, qu’elle cherche à inclure dans chacune de ses pièces.

 Une création à découvrir cette semaine, au Théâtre du Fil de l’eau.

Le début de quelque chose

Mise en scène de Myriam Marzouki – Compagnie du dernier soir

D’après le texte d’Hugues Jallon – Verticales 2011

Jeudi 27 mars à 19h30 et vendredi 28 mars à 20h30

Théâtre du Fil de l’eau

Lire le communiqué de presse de Batida and co.

Plus d’informations sur le site de la Ville de Pantin.

 

Publicités

Le pincement subtil des cordes au féminin

Chez Batida and co la musique est une pulsation essentielle, nos cœurs battent au rythme des mélodies que nous aimons, la musique est notre sève et notre ADN. Depuis sa création Batida and co assure la promotion de la musique sous toutes ses formes, avec une prédilection pour l’accompagnement des Festivals. Pour sa deuxième édition le Festival Guitares au Beffroi, qui se tient à Montrouge du 28 au 30 mars 2014, s’appuie à nouveau sur le savoir-faire en relations presse des Batidams.

 Guitares au Beffroi, célébration de l’art de la guitare

Après une première édition en 2013, qui a rencontré un vif succès, le Festival Guitares au Beffroi confirme son amour immodéré pour la guitare et autres cordes pincées. Au cours de trois soirées exceptionnelles, trois tendances sont proposées avec des talents renommés ou à découvrir.

–  Le vendredi 28 mars, soirée world avec Ihab Radwan Trio et le Rabih Abou-Khalil Mediterranean Quintet.

–  Le samedi 29 mars, soirée jazz avec Olivier Gotti, Philip Catherine et Sylvain Luc qui invitent Flavio Boltro, Thierry Eliez et André Ceccarelli

–  Le dimanche 30 mars, soirée blues et folk avec l’American Folk Blues Revue, Guy Davis, Harrison Kennedy et Leyla McCalla (notre coup de cœur) et la fantastique chanteuse de soul Ruthie Foster.

affiche_beffroi_2014

En complément de cette programmation alléchante, un Salon de la Guitare se tient dans la salle Art Déco du Beffroi les samedi 29 et dimanche 30 mars.  Des rencontres professionnelles et amateurs, des conférences et des master-class enrichissent également ces trois journées.

 

Leyla Mc Calla, la quête de l’épure folk

Le dimanche 30 mars à partir de 16h30, deux femmes sont à l’honneur du Festival Guitares au Beffroi : Leyla McCalla et Ruthie Foster.

 Si la voix bluesie de la texane Ruthie Foster, que la France découvre seulement aujourd’hui, fait déjà sa renommée parmi ses pairs, la toute jeune Leyla McCalla vient, quant à elle, de sortir son premier album solo : Vari-Colored Songs – A tribute to Langston Hughes“, véritable révélation de ce début d’année.

leyla McCalla copyright TimDuffyLeyla McCalla – crédit photo : Tim Duffy

La troublante Leyla McCalla possède l’assise technique des instrumentistes formés au classique. Mais, lorsqu’elle pince les cordes de son violoncelle, de son banjo ou de sa basse, c’est tout un univers de pensées lourdes, d’évocations de la solitude et de la douleur,  qui s’offre à nos oreilles, bercées par une voix chaude, indolente et veloutée.

Née de parents haïtiens, Leyla McCalla vit et étudie le violoncelle à New York, ville  qu’elle quitte en 2010, direction la Nouvelle Orléans, au plus près de ses racines familiales. Repérée dans la rue, alors qu’elle y joue des suites de Bach, elle rejoint les Carolina Chocolate Drops et découvre l’improvisation blues et folk, les airs de la tradition créole et cajun.  Toutes ces « écoles » nourrissent son projet d’album solo où se mêlent des poèmes de Langston Hugues, poète de la Harlem Renaissance, et des chansons traditionnelles d’Haïti, en créole francophone, le tout mis en musique et arrangé avec une grande simplicité acoustique.

« These songs had the pulse beat of the people who keep on going », écrivait Langston Hugues à propos des blues traditionnels, et c’est cette qualité rythmique que Leyla McCalla a su restituer gâce à des arrangements élégamment succincts  qui mettent en valeur sa belle voix et la ligne pure des cordes pincées.

Avis aux amateurs de belle découverte, un concert à ne pas manquer !

 Festival Guitares au Beffroi à Montrouge, du 28 au 30 mars 2014

Pour lire le dossier de presse de Guitares au Beffroi, c’est ici

Pour lire le communiqué de presse de Batida and co sur la soirée du 30 mars, c’est

Plus d’infos surle Festival Guitares au Beffroi sur leur site.

Plus d’infos sur Leyla McCalla sur son site

Retour de flamme et tour de danse

Danse et cinéma sont arts du mouvement, et dès sa création le cinéma a tenté de capter et de faire sien le rythme de la danse. A travers burlesques, dessins animés et films du hasard, présentés et illustrés au piano par le génial et passionné Serge Bromberg, vous pourrez découvrir Mardi 18 mars à 19h, au Centre national de la danse de Pantin, les premiers pas de la danse au cinéma. En effet, Le Centre national de la danse de Pantin et Lobster proposent un ciné-concert « Retour de Flamme » exceptionnel, consacré aux danseurs insolites et autres danses.

Serge Bromberg, archéologue et magicien du cinéma

Patiemment, depuis des années, Serge Bromberg retrouve et restaure des films rares, inédits ou oubliés, tous  fixés sur des pellicules composées de nitrate. Ces pellicules, appelées film « flamme », utilisées dans les premières années du cinéma,  sont hautement inflammables et périssables. La quête de Serge Bromberg est donc une véritable course contre la montre pour dénicher et sauver de l’oubli ces pépites, que personne n’a pris soin de conserver.

serge institut lumiere 2 15-12-2011Serge Bromberg, crédit photo Lobster

Au sein de sa société Lobster, Serge Bromberg dispose d’un fond d’archives cinématographiques impressionnant qu’il propose de montrer au public, depuis 1992, à travers les spectacles « Retour de flamme ».  Dans une ambiance recréant la magie des premières projections cinématographiques, entre piano live et anecdotes savoureuses, distillant fantaisie et nostalgie, Serge Bromberg fait défiler les films miraculés sous les regards émerveillés des petits et des grands.

 

Soirée danseurs insolites et autres danses

Au programme de ce « Retour de flamme » spécial danse, vous pourrez voir, entre autres :

LE FARFALLE (Italie 1907), Féerie en trois tableaux, entièrement coloriés à la main, l’affrontement du bien et du mal sous forme de ballet primitif. Le dernier tableau représente une danse serpentine immortalisée par Loïe Fuller. Envoûtant.

FARFALE_09Farfalle (1906)

DANSEURS ESPAGNOLS  (France 1898), Danse, Un couple de danseurs espagnols exécute une danse folklorique. Dépaysant.

SWING YOUR PARTNERS (USA 1918),  Burlesque, Réalisation d’Alfred GOULDING, avec Harold LLOYD, Harry « Snub » POLLARD, Bebe DANIELS.

Se faisant passer pour des professeurs de danse, Pollard et Lloyd donnent un cours de danse déguisés en hommes préhistoriques. Mais les deux vrais professeurs arrivent. Hilarant

Alors, ne passez pas votre tour et venez  découvrir ce « Retour de flamme » inédit !

Retour de Flamme,

Danseurs insolites et autres danses

Au Centre National de Danse de Pantin, en association avec Lobster

Le mardi 18 mars 2014 à 19h, en salle de projection

Plus d’infos sur cette projection sur le site du CND de Pantin

Plus d’infos sur Retour de Flamme sur le site de Lobster

Un détour chez Bill Gates

L’artiste belge Julie Goergen ne manque pas d’humour. Dans le contexte éphémère d’une performance qui se déroulera ce samedi 15 mars à 17 h au 116, le nouveau centre d’art contemporain de Montreuil, Julie se fera guide pour nous faire visiter la maison de Bill Gates, une maison qu’elle a, quelque peu, réinterprétée.

 Fondations d’une performance

Dans le cadre de la nouvelle exposition du 116, Territoires / Commun(e)s, le travail de Julie Goergen propose une réflexion sur l’architecture, en tant que reflet du statut social de celui qui est à l’origine du projet architectural. Elle s’intéresse parallèlement aux icônes de la culture populaire, aux monuments célèbres et hauts lieux du tourisme dont elle s’inspire pour délivrer des performances mêlant sculpture et art vidéo.

La maison de Bill Gates près de Seattle, construite entre 1988 et 1996, sobrement surnommée Xanadu 2.0, réunit tout ce qui peut se faire de mieux en termes de domotique et de technologie. Pour son Bill Gates House Tour, l’artiste a reproduit la villa du fondateur de Microsoft à partir de tiges de bois et en propose une visite guidée, riche en informations.

tumblr_inline_n2a9mejCSB1sn1562

Métamorphose d’une maison

La structure élaborée par Julie Goergen,  maquette fragile posée à même le sol, reproduit une maison telle un dessin rapide, composé de lignes tracées dans l’espace.

La maison de Bill Gates, réduite à l’état de squelette, se décompose au fur et à mesure de la performance. Chaque élément de la maison, salle de réception, salle à manger, bibliothèque, piscine, théâtre, est saisi par l’artiste à l’aide d’une pince, pour être montré et décrit au public. Disposé plus loin et dans un autre ordre, l’objet maison se métamorphose en une sculpture singulière, démystifiant la maison de rêve.

Suivez donc le guide, ce samedi à Montreuil !

Bill Gates House Tour

Performance de Julie Goergen (en anglais)

Samedi 15 mars 2014 à 17h

Au 116, 116 rue de Paris, Montreuil

 Plus d’information sur le blog du 116 

Plus d’information sur Julie Goergen sur son site

Territoires / Commun(e)s : la nouvelle exposition du 116

Depuis octobre dernier la ville de Montreuil a souhaité proposer à ses habitants un nouvel espace public d’expression, d’exposition, de création et d’échange autour des formes artistiques les plus contemporaines : le 116.

L’inauguration du nouveau centre d’art contemporain de la Ville de Montreuil, qui a fait l’objet d’un précédent billet à lire ici,a remporté un vif succès. Batida and co poursuit son travail de promotion du 116 auprès des médias avec la nouvelle exposition Territoires / Commun(e)s, qui se tiendra du 7 mars au 24 mai 2014.

Le 116 : à la rencontre de l’Autre

L’exposition inaugurale Singularités partagées, réflexion sur l’être-ensemble à partir de la rencontre d’altérités diverses et irréductibles, a ouvert un cycle thématique de trois expositions  se proposant d’explorer, progressivement, la figure de l’Autre.

Deuxième volet de ce cycle, Territoires / Commun(e)s porte la réflexion sur l’espace public, conçu comme lieu de rencontre, de constitution du collectif et de la notion de vivre-ensemble au cœur des villes.

Territoires / Commun(e)s : créer un imaginaire collectif dans l’espace urbain

Le tissu urbain au sein des Grandes Villes contemporaines est de plus en plus riche en hétérogénéités, collages et polyphonies, autant d’univers qui peuvent maintenir l’homme-habitant captif.  L’espace public s’impose alors comme le lieu privilégié de partage, d’échange entre l’individu et le collectif, un espace de liaison associé à des modes de relations sociales dans lequel s’élabore le vivre-ensemble.

En replaçant l’homme au centre des projets urbanistiques, l’exposition Territoires / Commun(e)s  a l’ambition de présenter de nouvelles visions de la ville. A travers des propositions, où pratique artistique et vision architecturale sont intimement unies, ce sont de nouveaux moyens de nourrir l’imaginaire collectif qui émergent.

Le 116 accueille les propositions de Pierre Ardouvin, Yves Bélorgey, le Collectif 14, Dušica Dražić, Julie Goergen , Marie-Jeanne Hoffner, Friedrich Kiesler, Paolo Codeluppi et Kristina Solomoukha et le Groupe LAPS.

tumblr_n24kqfu13g1sicvilo1_1280« Nicolas et Pimprenelle »

Installation de Pierre Ardouvin en exclusivité pour le 116

Devant le 116, l’installation in situ « Nicolas et Pimprenelle » de l’artiste Pierre Ardouvin, mobilise d’emblée notre imaginaire collectif avec une évocation de nos souvenirs d’enfance, empreinte de nostalgie et de douceur. Réalisée en exclusivité pour le 116, cette installation à base de deux sphères en résine et d’une banderole directement accrochée au bâtiment oscille entre comique et critique de l’emprise médiatique sur notre monde contemporain.

En évoquant le Manifeste sur la Ville- Espace (Raumstad) de l’architecte et artiste austro-américain Friedrich Kiesler, l’exposition Territoires –Commun(e)s  opère un retour en arrière propre à mettre en lumière des questions qui travaillent nombre d’artistes et d’architectes aujourd’hui. Bien qu’elle ne s’accompagne d’aucun plan de construction, qu’elle demeure à l’éta de maquette,  la Ville-Espace de Kiesler témoigne d’une autre vision de l’urbanité, décloisonnée, ouverte sur le partage.

Paolo et Kristina « Le Rural, l’Urbain et le Sauvage »

Caisson lumineux, impression jet d’encre sur adhésif / 120 cm de diamètre

 Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi  2014

Le binôme Kristina Solomoukha et Paolo Codeluppi est accueilli en résidence au 116 de février à mai 2014. Vivant à Bagnolet, Kristina et Paolo se sont associés autour d’une recherche artistique commune. Pour le 116, leur recherche s’est tournée vers la notion de territoire en s’inspirant de la Ville-Espace de Kiesler. Ils interviennent au sein du 116 avec un ensemble de propositions collaboratives qui pourront être suivies par le public. Avec « La Maison sans fin », ils élaborent une structure programmable et évolutive qui s’animera lors d’événements invitant à la participation.

Marie-Jeanne Hoffner,  artiste à la pratique multiforme, propose un télescopage entre différentes réalités à travers une série de photographies. Dessins et photographies interagissent avec poésie et invitent notre regard à glisser au-delà d’un ensemble urbain connu vers un paysage imaginaire.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA©Marie-Jeanne HOFFNER

Landscape versus architecture, Île d’Arz/ Beyrouth, 2004.

Le collectif Microsillons présentera le fruit de son travail de médiation, réalisé au sein du 116 depuis son inauguration. A partir d’une série d’entretiens avec des groupes de commerçants, riverains et associations montreuillois,  « Commune de Montreuil » rassemble une collection d’armoiries imaginaires qui dessinent la diversité de la ville.

microsillons commune de montreuil

Microsillons, projet en cours au 116, Commune de Montreuil.

L’Université Silencieuse – The Silent University-  initiée par Ahmet Öğüt et mise en œuvre par Maya Mikelsone, poursuit son action fondée sur l’échange et le partage. Une première lecture publique s’est déroulée les 20 et 21 février.

Enfin, à l’occasion de cette nouvelle exposition, le Quartier Général – groupe de recherche indépendant et laboratoire d’expérimentation au sein du 116-  propose un travail collaboratif sur les cartels d’exposition, dans la perspective décrite par Ralph Mahfoud, de « partager et faire évoluer les savoirs ». A côté des cartels proposés par le 116, des plaquettes vierges sont posées pour permettre aux visiteurs d’y noter leurs propres références. A la fin de l’exposition, la ré-écriture collective des cartels enrichira la présentation de chaque œuvre.

Le 116 confirme ainsi son ambition première et s’impose comme un espace public de référence, ancré dans la Cité, un lieu privilégié où l’art contemporain s’élabore et se partage : à visiter absolument.

Plus d’informations sur le blog du 116.

Bienvenue chez les fous, [hullu], Théâtre de faux-semblant

 « Approchez respectueusement sans préjugés et ouverts à l’idée d’apprendre de nouvelles choses, et vous trouverez un monde que vous n’auriez jamais pu imaginer. » Jim Sinclair, autiste Asperger.

 En finnois, hullu est un terme péjoratif qui signifie fou, agité. Avec [hullu], accueilli au Théâtre du Fil de l’Eau à Pantin en collaboration avec le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette du 7 au 15 mars, le Blick Théâtre va à la rencontre de ces fous que notre société, avide d’uniformité, de norme et de sécurité, craint. La compagnie, issue du Boustrophédon, s’illustre à travers trois disciplines fondées sur le mouvement expressif : cirque, clown, marionnettes.

[hullu]-blick-theatre©Arthur-Bramao10Crédit photo : Arthur Bramao

Dans le hors norme de la folie et de l’autisme

 [hullu], ce sont trois personnes dans une pièce, et les autres. L’espace est vide, ou presque. Personne ne parle. L’un s’agite frénétiquement, l’autre est aux aguets, la troisième se balance doucement d’avant en arrière. Les autres, insaisissables, apparaissent et disparaissent, font un brouhaha silencieux terrible. Ils s’insinuent dans ce huis-clos, par les brèches de l’imagination.

L’un défait ce que l’autre construit. Parfois, ils se complètent, les gestes s’imbriquent par accident, nécessité, ou jeu, petits rituels et exploits du quotidien qui aident à ne pas devenir fou. Comme les deux autres.

Crédit photo : Arthur Bramao

Théâtre gestuel et marionnettes corporelles

 Le  Blick Théâtre a déjà été accueilli en résidence au Théâtre du Fil de l’Eau à Pantin au cours de la saison 2012-2013. La qualité de son travail et son investissement sur le plateau ont donné envie à la Ville de renouveler son engagement. Pour nous entraîner à la rencontre de ces fous, les membres de la compagnie croisent les disciplines. Manipulation d’objets, jonglerie et acrobatie, jeu clownesque jouent des fluctuations, des oscillations entre équilibre et déséquilibre, des points de rupture.

Et puis, il y a ces marionnettes, conçues par Johanna Ehlert, plus petites que les acteurs humains, difformes mais néanmoins sympathiques. Elles sont manipulées directement de l’intérieur par diverses parties du corps. Leurs mains et leurs pieds sont réalistes ce qui entretient la confusion entre marionnette et marionnettiste. Elles font naître la magie et l’illusion propres à chambouler les règles de notre perception, de notre monde. Elles nous entraînent au-delà des limites du connu, pour découvrir des univers que peut-être, sans elles, nous ne pourrions imaginer.

[hullu]

Compagnie Blick Théâtre

Auteurs et interprètes : Loïc Apard, Johanna Ehlert, Matthieu Siefridt, sur une idée originale de Johanna Ehlert

Dès 8 ans 

du 7 au 15 mars 2014 au Théâtre du Fil de l’Eau,

en collaboration avec le Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette

Mardi, mercredi à 19h30, les vendredi à 20h30, samedi, dimanche à 16h

Séance scolaire : jeudi 13 mars à 14h30

 Le spectacle bénéficie de la formule Sors tes parents ! : 1 place adulte offerte pour 3 places achetées (2 places enfants et 1 place adulte).

Pour voir le teaser de [hullu], c’est ici 

Pour en savoir plus sur la compagnie du Blick Théâtre, c’est

Lire le dossier de presse du spectacle

Plus d’informations sur ce spectacle sur le site de la Ville de Pantin  et sur le site du Mouffetard – Théâtre des arts de la marionnette